22/01/2006

David Salle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

David Salle, My Subjectivity, deux panneux dont l'un est perforé de trous, 1981.

 

David Salle est né en 1952. En 1978, il faisait partie du mouvement de peinture dit de "bad painting", et qui affrontait le bon goût de l'intellectualisme de l'art conceptuel pour réhabiliter une certaine forme de sous-culture. Il n'en est et reste pas moins un figuratif, ainsi qu'en témoigne cette oeuvre dont la singularité réside dans le fait qu'elle fasse exception à la démarche plus récente de son auteur consistant à recourir à des superpositions d'images contemporaines -parfois violentes ou érotiques- comme autant de négatifs posés les uns sur les autres afin d'atteindre une forme d'abstraction. 

Les réfrences culturelles sont légions dans son travail, et pourtant il y a dans cette oeuvre un forme d'impudeur, la pénétration d'un espace intime, de sa subjectivité, peut-être, ainsi que le titre le suggère. Le panneau perforé qui fait face à la jeune fille est, à certains égards, plus impressionnant encore que la toile qui y est jointe. La planche a été jalonnée d'alvéoles à espaces réguliers, rigoureusement, précautioneusement, et pourtant rien ne point au travers de ces ouvertures que cette imperturable couleur verte, une lumière occultée, peut-être comme le sens des bribes de mots d'un esprit oprimé ou retenu.

 

Et si précisément, c'était cet espace obscurci qui faisait sens ? Et si c'était cette part-même de sa subjectivité qui était cachée et empêchait à l'oeuvre de faire définitivement sens ? Qu'y a-t-il d'insufisant ou de délibérément inconséquent dans le fait de présenter cette jeune fille nue face à une énigme ? Une énigme sur nous-même ?

 

Ce tableau était exposé au MOMA de New-York en février 2005. 

01:44 Écrit par Lucas Violin | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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