21/03/2006

Adoncques mon pote le peintre

 

 

Adoncques mon pote le peintre avait entrepris de détruire le tableau que je lui préférais. Ce n’est rien il en a produit d’autres depuis, et je possède aujourd’hui une reproduction photographique –médiocre, certes mais elle a le mérite d’exister ce qui n’est pas une évidence universelle- de cette toile. Adoncques mon pote le peintre est un type entamé, un type que tout entame qui saigne et vomis de la couleur.

 

Jaune. Comme dans le pistil, une entaille en éclair, un coup de pinceau. Un parfum qui distille, dans l’écorchure de l’air, une couleur.

Rouge. Comme l’étampe lourde qui s’abat, fronde sourde, sur le corps bombé, le sein étroit d’une fleur. Coup de pinceau.

Violet. La fraîche et soudaine tumeur, exsangue au soleil plombé. Comme la flèche furibonde violant l’œil blessé déjà- qui s’éteint. Offrande, flèche violente comme s’offre le rai tendre.

Noir. Comme la cendre d’une femme blonde. Une mèche lasse à tes lèvres va descendre. Et les tanins du ciel en métamorphose, sur tes doigts gourds au toucher se déposent. Et dans les ombres de la palette, les reflets d’un Léviathan s’émeuvent quand saisissant cet orviétan, alchimie laborantine acryliques volontés, tu peins. Monstres égarés dans l’univers profond. Imaginaire aux soins si délicats !

Bleu. Amis scellés ravis par le Ciel fécond. Vous dispersez vos images dans la toile ; Et éclatez, enfants sages, dans une bardée d’étoiles. 

Blanc. 

 

Adoncques c’est un escogriffe, une mandale un coup de rouge un coup de griffe. Adoncques mon pote le peintre je l’aime.

 

12:05 Écrit par Lucas Violin | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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